Le second tour présidentiel :fiction ou miroir aux alouettes?
Aléa jacta est! Le Sénégal se dirige glorieusement vers un semblant de démocratie. Le peuple sort d'un triomphe avec tambours et trompettes. Un second tour en fanfare. Une fierté d'appartenir à ce peuple glorieux tinté d'intellect avec une mesure communeLes oiseaux de mauvaise augure qui présidaient un sort chaotique à l'issue de cette échéance du premier tour sont retournés dans leurs nids, le bec cloué. Voire abattus en plein vol tels des moineaux sous l'effet des serres d'un aigle. Cet aigle là, symbolise le peuple.
Pétri de paix et d'ardeur et de travail, l'homosénégalensis ne connaît que la victoire des urnes et la concertation. Le peuple a triomphé, pas la personne de Macky Sall. Le peuple a fait montre au pape du Sopi sa capacité à se lever tel un bloc pour dire à ce dernier, basta!
Assez de turpitudes. Assez de calomnies. Assez de dérives autoritaires et j'en passe. Violer une communauté de femmes et d'hommes, c'en est une mais violer la constitution en est une autre conception. Par définition, la constitution est le socle de tout sur lequel repose tout fondement social, économique et culturel d'un pays.
Abdoulaye se croyait invincible. Il a vu rouge depuis le soir du 26 février 2012 quand les résultats s'égrenaient telles des perles d'un chapelet. Il ne se rendait pas compte que le peuple qui l'a élu était capable de le destituer. Il est vertement tancé. Il ne sait plus où donner de la tête, il ressemble à un hirondelle étourdi. Il est perdu, le regard effroyablement hagard. Ne mettons pas aux oubliettes ses prouesses. Il est doué. Il est une bête politique. La bataille n'est pas encore gagnée. Evitons de crier victoire. Ce deuxième tour sera une bataille âpre.
Quand on arrive au crépuscule de sa vie, l'on doit ruminer l'idée selon laquelle et urbi et orbi que le temps est venu de s'arrêter. Toute histoire a une fin. Mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Le président Wade n'en a cure de cela. Marchera-t-il sur le peuple pour arriver à ses fins ? Les chefs religieux, de ce pays, l'arrêteront-ils ?
Je ne le pense pas. Il les a tous soudoyés avec des mallettes remplies d'argent. Disons les mots tels qu'ils sont. Ils les a corrompus. Corruption de conscience, quand tu nous tiens! L'argent, le nerf de la guerre, a été toujours un moteur, il connait très bien la psychologie du sénégalais avec le ?'gëm dara ou gëmëtoul dara''.
Le peuple a sonné la fin de la récréation, pas le président Wade. Ce dernier, ne devait plus avoir droit au chapitre. Il devrait se taire. Il continue et se démène comme un vieux diable. Il bat campagne et finit chez les chefs religieux pour obtenir des consignes de vote. Cela se fait mais ne s'applique pas. Les mentalités ont beaucoup changé.
Le marabout parle et donne une consigne qui n'est pas suivie. Le cas de Béthio Thioune est épatant avec ses cinq millions de disciples, disons fictifs et n'existant que dans sa conscience. Bon nombre de ses ouailles lui ont tourné le dos, allant même jusqu'à le traiter d'hurluberlu et d'illuminé. Il n'en est point, les mallettes ont parlé à sa place. Quel culot il a, le Cheikh! Je m'en arrête à là avec ce personnage ubuesque et grotesque qui marque l'histoire de ce pays aux grands hommes.
Il ne faut pas crier victoire de sitôt. Abdoulaye Wade est toujours dans les starting-blocks. Faut pas vendre la tête de Wade avant de l'avoir assommé à coups de gourdin.
Ce qui risque de se faire si Wade persiste dans son entêtement, c'est à dire à vouloir forcer le destin.
D'après certaines fuites dans la presse, il a essayé de forcer au soir du premier tour mais il a été stoppé net par des émissaires tapis dans l'ombre. Sinon le pays serait tombé dans le chaos. Des médias ont même dit que c'est sa fille, Sindiély, qui a stoppé le père. La reine Sindiély a sauvé le Sénégal du naufrage. Que nenni et que de la pure surenchère médiatique!
Personnellement, j'ai des doutes quant à l'issue du scrutin. Bon nombre d'observateurs avertis prédisent une victoire du camp de Mr Sall, vu le conglomérat de partis qui le supportent. Chanceux il est Macky, que j'appelle toujours la copie pâle de A.Wade. Il est un des fils putatifs qui a remporté plus de voix que l'autre, Idrissa Seck, le plus grand perdant de ce pugilat électoral.
Idrissa Seck a perdu parce que le peuple l'a désavoué. Quand le peuple ne t'accorde plus une confiance ou doute, il y a problème et du fil à retordre.
Cet assaut final dont on parle, vu que les puissances occidentales ont toujours joué un double-jeu, ne serait qu'un leurre, donnant plus de crédibilité à Wade surnommé le ?'démocrate'' dans l'ambiance feutrée des salons occidentaux, et finalement nous l'imposer. Le pays serait sauvé vu qu'il était au bord de l'implosion, selon les occidentaux. Je me permets de parler au conditionnel vu les circonstances d'un tel cataclysme.
A moins que je me trompe, ce second tour peut signifier deux tendances: renvoyer Me Wade définitivement à la retraite politique ou faire en sorte que Macky Sall gagne pour un renforcement à plus que jamais des acquis un tantinet ridicules de notre chère démocratie. L'on se demande si les puissances occidentales n'ont pas ordonné à Me Wade de s'aligner pour un second tour pour que la machine, voire le pays, ne déraille pas et qu'au second tour, il gagnerait haut la main. Ainsi, l'opinion dirait de la bonne tenue et de la transparence de ces élections.
Le Sénégal s'enorgueillit de sa soi-disant de démocratie alors que nous sommes à l'orée de ce système de gouvernance que j'appelle la dolé-cratie avec la fameuse loi du Talion et où le plus fort écrase le plus faible. Ce dont nous a montré le président sortant avec le nombre de sacrifices que le peuple a consentis. Des morts. Des personnes gravement blessées lors des incidents avant les élections.
Des vies brisées. Point de démocratie en ce sens, si démocratie rime avec la liberté inouïe de faire ce que bon vous semble mais tout en respectant l'ordre et le respect vis-à-vis des personnes et des biens publics.
On ne sait pas à quoi rime ce second tour si ce ne serait qu'un renforcement de nos principes de gouvernance. Une bonne démocratie va de paire avec un bon fonctionnement de l'état et de ce qui le régit. Dans le cas actuel, force est de constater que la démocratie à la sénégalaise est un miroir aux alouettes pour le peuple et pour pas mal d'observateurs.
Abdoulaye Wade, même s'il remporte le second tour, restera persuadé dans son for intérieur qu'il a perdu la bataille ou l'assaut final, comme le nomme l'opposition. Il se disait vainqueur au premier tour, il n'a vu que du feu.
Le peuple finira toujours par triompher quelque soient les subterfuges du camp majoritaire et des urnes, jaillira la lumière de la vérité du peuple.
Je reste un peu sur ma faim quant à l'issue de ce scrutin qui compromet le destin de tout un peuple. Le peuple sénégalais, féru de paix, votera pour Macky pour une paix sociale durable. Et ce dernier poursuivra les ?uvres de son mentor qui ne pourra sortir que par la petite fenêtre.
Pouye Ibra
















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